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André Deltell - De Loretteville à Loulé

1er mars 2016 - Par Jean Chouzenoux

Originaire de Québec, où il a grandi dans les années 1960 et 1970, André Deltell vit maintenant en Algarve, au sud du Portugal, depuis l’an 2000.

Ce diplômé en génie électrique de l’Université Laval est le fils d’une famille d’immigrants ; des Pieds-Noirs d’Algérie qui arrivent au Canada en 1958, alors qu’André a à peine deux ans. Deux autres garçons naîtront à Québec : Claude, qui est musicien, et Gérard, l’actuel député conservateur dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent.

Durant sa jeunesse, André Deltell se passionne, entre autres, pour la plongée sous-marine, le piano et les sciences. Bien sûr, il rêve de voyages, ce qui l’amène à traverser le Canada en moto, mais aussi, à visiter la Tasmanie, l’Égypte, le Népal et l’Inde. « Je suis resté une heure devant le Taj Mahal sans pouvoir parler tant j’étais ému. »

André et ses enfants, Émilien et Célina, devant une charrette typiquement portugaise, sur un pavé en pierres posées à la main selon des méthodes datant du temps des Romains. 


Une rencontre marquante

En 1979, il franchit les portes de l’Office national du film (ONF) à Montréal, où il travaillera durant 17 ans. Dans les années 1980, une équipe de techniciens brésiliens vient bénéficier d’une formation cinématographique auprès des spécialistes de l’ONF. Afin de faciliter les échanges, l’entreprise engage une secrétaire qui parle français, anglais et portugais, et qui servira, par le fait même, d’interprète. Vous devinez la suite… La gentille interprète parle aussi le langage du cœur et celui d’André n’y résistera pas !

Le mariage est prononcé en 1990. Simone possède un peu le même parcours familial qu’André ; ses parents portugais ont immigré au Québec, ils y ont travaillé et élevé leur fille. À un carrefour de leur vie professionnelle et familiale, un soir d’été, André et Simone engagent une réflexion quant à leur avenir. Rapidement, la décision est prise d’aller tenter l’expérience au Portugal. Mieux : de carrément s’y établir ! En effet, tout converge à faciliter cette transition. Les parents de Simone sont rentrés au pays natal et ont fait construire une grande villa à Loulé, au sud du pays. Les enfants du couple n’ont alors que cinq et six ans. Vivre dans la ville de la belle-famille facilitera l’approche de contacts professionnels. Reste à informer parents et amis. Ceux-ci se montreront non seulement compréhensifs, mais aideront la jeune famille à faire la transition. Six mois plus tard, la famille Deltell débarque en Algarve, prête pour une nouvelle aventure !

La muraille du Château de Loulé, la nuit : un projet d’éclairage réalisé par André Deltell.


La vie à Loulé

« Nous sommes arrivés à Loulé au cours de l’année 2000 et, peu de temps après, j’étais embauché comme dessinateur industriel à la mairie de la ville ». Entre-temps, il a fallu franchir bien des étapes. « D’abord, j’ai pu obtenir la citoyenneté portugaise sans abdiquer de mes nationalités canadienne et française. De plus, mon diplôme universitaire a été rapidement reconnu. » André s’inscrit ensuite à l’université de l’Algarve, ce qui lui permet de se familiariser avec le portugais de manière intensive. Rapidement, il progresse et devient ingénieur électrotechnique à la Ville de Loulé. Ses compétences sont utilisées dans plusieurs domaines. « C’est l’avantage de travailler pour une municipalité ; je planche sur des projets de spectacles, d’éclairage de rues, de mise en valeur de monuments historiques et je côtoie des spécialistes de divers horizons ; des archéologues, par exemple. »

Le sud du Portugal regorge de plages fabuleuses, dont celle-ci, située à quelques minutes de la maison des Deltell.


Pour les enfants, l’intégration a été assez facile. Quoique certains mets québécois leur manquent encore et la neige semble un lointain souvenir. « Par contre, nous avons tenu à ce qu’ils demeurent fidèles à leurs racines. Ainsi, à la maison, nous leur parlons régulièrement en français et ils sont en contact fréquent avec leurs grands-parents. »

Quels sont les avantages qu’André trouve à ce transfert ? Il me répond que l’union de l’Europe au début des années 2000 lui a facilité la tâche ; les possibilités d’emplois étaient bonnes. « Quoi qu’on en pense, les technologies reliées à mes spécialités sont très bien développées en Europe ; je ne me sens pas du tout dépassé. » Bien sûr, le climat est un atout majeur : 300 jours de soleil par an et cette mer toute proche… difficile de ne pas s’en satisfaire !

André revient régulièrement aux sources, chez lui, à Québec. Parfois seul, parfois avec les siens. En 2010, il assistait à la cérémonie de remise de la croix du combattant, décernée par le gouvernement français à sa mère, Paule, et, en 2011, toute la famille a fait la traversée de l’Atlantique pour être aux côtés de Guy Deltell, le père d’André, qui s’est vu décerner la médaille de la Légion d’honneur du gouvernement français, remise par le Consulat de France à Québec. « De grands événements, qui soulignent à quel point j’ai des parents exceptionnels, qui ont fait de moi ce que je suis devenu. »

 

 

 

 

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