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Grandes réserves animalières - Le Costa Rica, champion de l’écotourisme ! Oui, mais…

7 septembre 2012 - Par Joëlle Achard, Voyages Lambert

Troisième volet d’une série d’articles consacrés aux grandes réserves animalières, présentés par Voyages Lambert

À peine plus grosse qu’une tête d’épingle sur le planisphère, cette bande de terre volcanique coincée entre deux océans aux influences distinctes, abritant plus de 6 % de toute la biodiversité de la planète, est reconnue comme pionnière dans le développement de l’écotourisme. Bienvenue au Costa Rica !

Dès le début des « sixties », alors que le reste de la planète avait les yeux rivés sur les étoiles, dans l’attente de savoir qui « s’enverrait en l’air » le premier, le Costa Rica démarrait une politique de préservation de son incroyable richesse naturelle terrestre en classifiant son territoire centimètre carré par centimètre carré. De nos jours, quelque 161 parcs nationaux et réserves protègent 25 % du pays.

État visionnaire ? Très certainement pour cette époque où, partout aux alentours, les déforestations chaotiques engendraient les premières larmes d’une désolation résignée sur fond de brûlis. Cela est d’autant plus admirable que cette volonté de développement durable s’est intensifiée. Le puissant ministère de l’Environnement et de l’Énergie a su prendre les grands moyens, s’assurer de l’aide scientifique et de certains appuis financiers internationaux.

En tout premier lieu, comme une évidence, il y avait l’urgence d’enrayer cette déforestation galopante qui a englouti, en 50 ans, la moitié des arbres costariciens et qui persiste encore çà et là. À cela s’est greffé le plan « Faire la paix avec la nature », l’ambitieux projet de reconstituer la forêt primaire au rythme de cinq millions d’arbres replantés chaque année. Totale réussite ! Puis, plus récemment, l’accent mis sur les énergies propres renouvelables a été étendu à l’échelle du pays avec un objectif fou : la neutralité du territoire en émissions de carbone pour 2021 (Waouh ! Une folie à méditer !) Admirable ! Mais, hum… il y a toujours deux côtés à une médaille…

Parlons alors « tourisme vert »

Pour cette destination ô combien photogénique, c’est l’appel de la nature : dans l’air frais du petit matin, la tête dans la canopée depuis mon pont de corde, escortée par les myriades de papillons à la recherche du mythique quetzal, j’entraperçois la silhouette découpée du volcan Arenal ! Pour un peu, je rejoindrai un Medecine Man costaricien sur sa liane ! Tout est parfait !

L’écotourisme étant devenu la première ressource du pays, devant l’agriculture, tout est maintenant fait et dit pour profiter au maximum de cette manne économique exponentielle, à commencer par une promotion internationale et une propagande protouristique auprès des populations locales. Certes, protéger ce patrimoine naturel coûte cher ! Mais la cupidité rôde…
De nombreux investisseurs, pour beaucoup des Amériques, injectent de l’argent frais, au grand dam des puristes.

Oui ! Les parcs font encore leur travail avec efficacité ! Oui, les aménagements sont adaptés à ces touristes de plus en plus nombreux, en quête d’authenticité. Et oui aussi, bon nombre de parcs ont une gestion individuelle sans limitation du nombre de visiteurs, ce qui a un impact physique direct sur une flore piétinée et sur la faune, comme ces mono-titis que les touristes nourrissent.

Un nord de plus en plus exploité, où seule la communauté Quaker a su imposer des limites dans la réserve de Monteverde. Des développements anarchiques bientôt tentaculaires voient le jour en périphérie des parcs les plus fréquentés et un surpeuplement côtier se profile.

Mais où sont passés les pirogues et les campings des années 70 ?

À l’heure de la conscientisation mondiale pour notre environnement, bien que le Costa Rica demeure un exemple que bon nombre de pays devraient suivre, tant d’efforts et d’énergie investis dans un idéal sacrifié devant le spectre grandissant de l’écotourisme de masse semblent dommages !

Telle est devenue… la « Pura vida » des Ticos, la terre bénie des Costariciens !

PHOTOS : MICHEL PROVOST

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