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Le point sur l’eau à Québec : Sommes-nous en pénurie ?

5 septembre 2012 - Par Johanne Martin

Deux fois le contenu du Colisée : c’est le volume d’eau que traite chaque année la Ville de Québec pour la rendre potable. Plus de 100 millions de mètres cubes. Tenue pour acquise, l’eau potable n’en est pas moins précieuse et elle a un prix. Petite incursion dans un univers dont on parle trop peu… et qu’un été ensoleillé et chaud justifie assurément de mieux connaître.

Il y a seulement 20 ans, l’imposition de restrictions quant à la consommation d’eau potable en période de sécheresse s’inscrivait peu ou pas dans le quotidien des citoyens. Tous peuvent toutefois en témoigner : à quelques reprises au cours des dernières années, la Ville a dû resserrer l’encadrement relatif à l’utilisation de la ressource que l’on considère encore aujourd’hui comme inépuisable.

« Il faut savoir qu’en période de pointe, durant l’été, il arrive que nous soyons à la limite de la capacité de captation de certaines sources d’approvisionnement, tandis que les usines de traitement d’eau fonctionnement à plein régime. Par le fait même, les quantités disponibles dans les réservoirs diminuent quelquefois de manière très significative », explique le porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron.

D’ici 2015, à Québec, toutes les industries, commerces et institutions seront munis d’un compteur d’eau.
D’ici 2015, à Québec, toutes les industries, commerces et institutions seront munis d’un compteur d’eau.

Pour faire face aux épisodes de sécheresse prolongée, et parce que la couronne nord de l’agglomération urbaine se développe rapidement, l’une des solutions retenues par l’administration municipale a été de procéder à une interconnexion des différents systèmes de distribution de l’eau qui sont sous sa responsabilité.

« Ainsi, s’il y a diminution ou interruption de l’approvisionnement provenant de l’un d’eux, les autres pourront suppléer, justifie M. Perron. L’une de nos préoccupations est de prévoir pour le futur et de pouvoir dégager les marges requises, de sécuriser l’approvisionnement. »

Par ailleurs, comme les effets du vieillissement des infrastructures souterraines – certaines ont plus de 100 ans – sur les débits de fuites augmentent inévitablement avec le temps, la Ville investit actuellement massivement pour remplacer et réparer les conduites les plus problématiques.

La rivière Saint-Charles est l’une des principales sources d’eau potable de la ville de Québec. Située à proximité du château d’eau d’aspect médiéval construit en 1949 se trouve d’ailleurs l’actuelle usine de traitement d’eau, inaugurée en 1969.
La rivière Saint-Charles est l’une des principales sources d’eau potable de la ville de Québec. Située à proximité du château d’eau d’aspect médiéval construit en 1949 se trouve d’ailleurs l’actuelle usine de traitement d’eau, inaugurée en 1969.

À cet égard, en 2006, un programme de détection et de correction des fuites sur le réseau d’aqueduc – un réseau qui s’étend sur plus de 2 600 kilomètres – a été mis en place. Une équipe est maintenant assignée à temps plein à cette tâche. « Et ça donne des résultats, puisqu’au cours des cinq dernières années, la consommation totale d’eau n’a pas varié en dépit du fait qu’il y a 20 000 personnes de plus sur le territoire », commente le porte-parole de la Ville.

La pression quantitative parfois inquiétante exercée par une demande importante vient évidemment s’ajouter à la qualité des sources d’eau potable, qui demeurent bien entendu très sensibles aux activités humaines. Pour cette raison, la communauté métropolitaine de Québec a adopté, il y a deux ans, un règlement ayant pour objectif de limiter les interventions humaines dans les bassins versants des prises d’eau de la ville.

Une chaire de recherche en eau potable

Mais il y a plus. En 2005, à Québec, une chaire en eau potable est née d’une entente conclue entre la Ville et l’Université Laval. Si elle vise à enrichir les connaissances relatives à cette ressource irremplaçable, elle a également pour mandat de concevoir des outils afin d’améliorer la qualité de l’eau et réduire les risques potentiels liés à la santé publique.

« D’autres grandes villes comme Montréal et Toronto comptent aussi sur ce genre de structure. Chacune des chaires développe son expertise, mais il y a partage du savoir entre nous. À Québec comme ailleurs, la principale motivation, c’est d’être à l’avant-garde. L’eau potable devient de plus en plus complexe à produire ; des approches novatrices et des expertises nouvelles sont nécessaires », lance d’entrée de jeu Manuel J. Rodriguez, professeur titulaire à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional de l’Université Laval et responsable de la chaire.

De la source au robinet, il importe de mieux comprendre les facteurs qui influencent l’évolution temporelle et spatiale de la qualité de l’eau « parce que l’eau a un intérêt économique, confirme M. Rodriguez. En faisant de la recherche et du développement, il est possible d’économiser de l’argent, des efforts et d’aspirer à l’excellence. Une illustration très simple de cela : si l’on protège nos sources, l’eau sera forcément plus économique à traiter ».

Pour les gestionnaires des infrastructures municipales, le travail effectué par les professeurs et la quinzaine d’étudiants inscrits à la maîtrise et au doctorat associés à la chaire permet d’avoir accès à de meilleurs outils, assurant du même coup des interventions plus efficaces.

En période de sécheresse, par exemple, il est plus complexe d’obtenir de l’eau potable, car les contaminants présents dans les prises d’eau ne se diluent pas de la même manière qu’en temps normal. « Plus de pluie ou moins de pluie se traduit par un traitement plus difficile, atteste le responsable de la chaire en eau potable. En fonction du type d’eau de chacune des sources et des saisons, on doit aussi faire des ajustements. »

Si le suivi de la qualité de la ressource retient l’attention de la chaire de recherche, la perception de la population à l’égard de l’eau potable intéresse également les experts. Enquêtes, questionnaires et panels de dégustation se juxtaposent au premier volet de la démarche en guise de réaction au phénomène de l’eau embouteillée, toujours en croissance.

« Au risque de rappeler aux gens ce qu’ils ont peut-être oublié avec le temps : l’eau du robinet est de très bonne qualité à Québec. Cela dit, les résidants doivent l’apprécier et il faut qu’elle ait bon goût. Ici aussi, la chaire participe à l’avancement de la recherche. Dans 20 ans, la situation aura encore évolué. Il y a des molécules que nous allons pouvoir détecter en laboratoire. Tout devient de plus en plus précis », reprend le spécialiste.

Économiser l’eau

Qu’on la préfère ou non à l’eau embouteillée, il n’en demeure pas moins que l’eau provenant du réseau d’aqueduc a un prix et qu’elle permet, dans notre quotidien, bien d’autres usages que celui d’étancher la soif. Tout comme il convient d’économiser l’énergie, il convient d’économiser l’eau potable.

Dans le but de réduire la consommation du précieux fluide, la Ville de Québec, en même temps que de donner l’exemple, fait la promotion de plusieurs initiatives auprès de ses citoyens. Du Programme d’économie d’eau potable en vigueur à la Ville depuis plus de 20 ans au projet de collecte d’eau de pluie pour l’arrosage des plantes ornementales, en passant par l’installation de dispositifs favorisant la récupération de l’eau devenue non potable dans les jeux d’eau des parcs municipaux, les efforts se multiplient et sont inéluctablement destinés à se poursuivre.

Principales sources d’eau potable de la ville de Québec

  • Rivière et lac Saint-Charles (53 %)
  • Fleuve Saint-Laurent (21 %)
  • Rivière Montmorency (16 %)
  • Lac des Roches et rivière des Sept-Ponts (6 %)
  • Eaux souterraines (4 %)

Saviez-vous que...

  • Le service d’aqueduc de la ville de Québec distribue l’eau potable à plus de 520 000 citoyens ainsi qu’aux industries, commerces et institutions ?
  • La consommation pour les usages résidentiels est de 310 litres par personne par jour, et qu’elle s’élève à 490 litres si l’on inclut les fuites ?
  • En période de pointe, durant l’été, la production d’eau potable peut augmenter de près de 40 % ?
  • Une équipe parcourt quotidiennement les réseaux d’eau potable de la ville afin de procéder à des analyses de qualité et réalise un échantillonnage sur 162 points de prélèvement répartis dans les 6 arrondissements ?
  • À Québec, le coût de traitement et de distribution d’un mètre cube d’eau potable est de 0,42 $ ?
  • D’ici 2015, à Québec, tous les commerces, industries et institutions seront munis d’un compteur d’eau et qu’à ce jour, environ 3 700 d’entre eux sur un total de 8 000 en sont déjà équipés ?

Source : Site Internet de la Ville de Québec

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