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Grandes réserves animalières - Le delta de l’Okavango au Botswana

7 avril 2012 - Par Joëlle Achard, Voyages Lambert

Voyages Lambert propose une série d’articles consacrés aux grandes réserves animalières.

Indifférente aux confortables chaises longues qui encerclent la piscine aux eaux à peine tiédies par ce soleil d’hiver, je choisis de grimper dans un figuier sycomore, sur une plate-forme entre ciel et terre, et contempler ainsi le marais environnant, silencieux et immobile. À cette heure plus chaude de la journée, le lodge est étonnamment calme. Nous sommes en mai, au Botswana, dans la réserve de Moremi, au cœur du célèbre delta de l’Okavango.

Survol en avion de brousse du delta et ses écosystèmes.
Survol en avion de brousse du delta et ses écosystèmes.

Ce puissant fleuve, né sur les hauteurs de l’Angola, a vu son cours se modifier par les mouvements tectoniques et se transformer en un gigantesque delta à la particularité rare de ne rejoindre aucun océan ni mer. Ses ramifications tentaculaires abreuvent le désert du Kalahari et les fluctuations du niveau des eaux, dues aux pluies des hauts plateaux ou aux sécheresses, modifient alors en permanence la géographie de cette vaste zone humide, obligeant ainsi animaux et humains à adapter leurs déplacements.

Quoi de plus agréable qu’un survol en avion de brousse pour faire connaissance avec le delta et visualiser certains des nombreux écosystèmes qui se succèdent : les vastes pans (lacs salés asséchés) qui se gorgent d’eau à la saison des pluies, les forêts sèches d’acacias et les immensités couvertes de mopanes, les plaines inondées, les labyrinthes de canaux et les poches d’eau qui se dilatent ou se rétractent telles des pupilles géantes au gré des précipitations.

Jacana à poitrine dorée
Jacana à poitrine dorée

Point besoin d’énumération ! Il devient alors facile d’imaginer toute l’incroyable diversité et la pleine abondance de la faune et de la flore dans cette nature encore sauvage que seuls quelques peuples nomades, comme les Bantous et les Sans, ont appréhendée. Des myriades d’oiseaux et de vastes troupeaux de toutes sortes de mammifères se croisent et cohabitent, chacun étant assuré de trouver sel, eau et nourriture en abondance, parfois au prix d’une courte migration.

Un paradis animalier qui fascine les chasseurs de trophées comme les chasseurs de photos ! Une manne pour laquelle le gouvernement du Botswana s’est lancé dans une politique de contrôle du développement touristique et de préservation des écosystèmes, dans le respect des populations locales. Au travers des parcs animaliers gérés par l’État et des concessions octroyées aux populations pastorales, l’implantation de structures touristiques au cœur même du delta semble se faire en parfaite harmonie avec les lieux, utilisant les ressources matérielles avoisinantes, les énergies propres et le savoir-faire de la main-d’œuvre locale : un écotourisme qu’il faut souhaiter durable !

Koudous
Koudous

Une particularité toutefois : le Botswana a fait le choix d’écarter le tourisme de masse en limitant la capacité d’accueil et en imposant des prestations définies comme étant « haut de gamme ». Lodges de bois rouge juchés sur pilotis et campements de toile mobiles sont posés çà et là, se fondant dans le décor ; des unités d’habitation au charme colonial, individuelles et isolées ; rien d’extravagant dans la nourriture, si ce n’est qu’elle est arrivée par avion ; pas d’Internet, mais une radio ; pas d’écran plasma, mais une voûte étoilée ; pas de clôture, mais un couvre-feu ! Rien d’exceptionnel, pourrait-on souligner. En effet, mais c’est seulement en dehors des structures hospitalières que l’on comprend vraiment. En jeep 4 x 4, en pirogue ou encore, pedibus, le luxe n’est rien d’autre que l’homme prenant place, faisant face à une nature brute et sauvage, réapprenant à écouter et à voir.

Il faut alors multiplier les expériences de découverte d’observation et ne pas hésiter à confier sa vie à la seule personne d’importance : le ranger, précieux en raison de son vécu, respectueux devant le delta et ultra-connaissant, qui vous évite l’enlisement dans un bras du marais, vous dépose sur une berge après avoir éliminé le risque croco ou hippo, s’extirpe de son jeep pour scruter le sable ou encore, pointe du doigt un arbre mort que deux aigles pêcheurs ont transformé en perchoir.

Bientôt, notre barque ralentit. Ses pattes démesurées supportées par les feuilles des lotus, un jacana prend la fuite. Les dernières ridules de l’eau sombre s’estompent pour que les ombrelles des papyrus et leur reflet parfait s’unissent. Le temps est venu d’un coucher de soleil comme seule l’Afrique peut en offrir. Avec un ciel irisé en toile de fond, les arbres squelettiques se transforment peu à peu en ombres chinoises. La nature devient murmure pour que résonnent les ultimes notes de la mélodie rythmée des clics photographiques.

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